Costanza Gastaldi

 » C’est par l’eau que commence la première rêverie […] Quand la matière boit et que l’eau mange, alors commence l’expérience de la liaison, le long rêve de la liaison ».

Gaston Bachelard, L’eau et les rêves

L’Atelier PGR et Photo Days sont heureux de présenter la lauréate de la résidence Photo Days x Festival de Fotografia de Paranapiacaba x Iandé : Costanza Gastaldi. 

Créé en 2022 pour récompenser le talent d’un.e artiste ayant présenté son travail aux lectures de portfolios de Photo Days, cette résidence organisée au Brésil au mois d’août 2022 a été l’occasion pour Costanza Gastaldi de découvrir de découvrir une région très particulière du Brésil.

Paranapiacaba est une petite ville au coeur de la Serra do Mar, qui s’étend sur 1 500 km le long du littoral atlantique, la ville donne sur la Mata Atlântica : deuxième plus grande zone de forêt humide au monde, Mata Atlântica est un haut lieu de la biodiversité, une réserve naturelle protégée, composée de forêts tropicales, de mangroves et de broussailles de marais salants. Son accès est limité et Costanza a pu bénéficier de guides pour pénétrer a plus profond de la jungle, parfois à l’aube, moment du jour entre chiens et loups où la brume, si caractéristique de la région, noie tout. Chargée de son matériel (ici les conditions atmosphérique impliquent un appareil numérique), elle a arpenté la forêt pour tenter de percer le brouillard épais chargé d’eau, exacerbant l’aspect mystérieux de son environnement. Pour Costanza, Neblina – la brume – « a un goût d’éternité. Par l’imagination elle sculpte la matière, retrace l’organique, transforme l’indéfini en un réalisme évanescent. Mais sans la jungle elle ne pourrait pas exister, tel un rêve sans substance. »

Oro negro, c’est autant le café de la région, or noir des brésiliens, que l’encre charbonneuse de ses tirages. C’et aussi le souvenir d’un passé colonial, la réminiscence de contes et légendes ancestraux, et le regard acéré d’une conscience sur l’avenir d’un territoire fragile et en danger. Les ruines du passé paraissent alors un peu celles de demain. » Emmanuelle de l’Ecotais